Le futur des énergies et les énergies du futur - TRAMIER

Conférence de M. Bernard TRAMIER sur "Le futur des énergies et les énergies du futur"

La vie sur terre ne serait pas possible sans eau, sans oxygène et sans énergie. Cette dernière est principalement apportée par le soleil soit directement, soit indirectement sous forme d'énergies fossiles, d'énergie hydraulique, etc...

Il existe des énergies dites primaires directement accessibles: l'énergie solaire bien sûr, mais aussi les énergies fossiles, et des énergies dites secondaires, car dérivées d'énergies primaires, comme l'électricité ou l'hydrogène. La très grande majorité des énergies primaires produisent de l'électricité qui est le vecteur le plus répandu et le plus commode d'énergie.

La croissance démographique d'une part, le fait que des pays très peuplés et peu consommateurs d'énergie, ont connu un très fort développement économique d'autre part, ont contribué à mettre une très forte pression sur les ressources énergétiques. Les contraintes liées à l'environnement, et notamment les interrogations sur l'évolution du climat, n'ont fait qu'accroître cette pression.

Les ressources en énergies fossiles étant par nature finies, les craintes relatives à l'énergie nucléaire et le faible démarrage des énergies dites renouvelables ont créé une forte inquiétude parmi le public qui craint de se voir rapidement privé d'énergie, ou d'en voir le prix s'envoler. Qu'en est-il exactement?

 

LE CHARBON:
Les réserves de charbon, sous ses diverses formes, sont estimées à 215 années de consommation actuelle. Plus de la moitié de celles-ci se trouvent sur le continent nord-américain et dans l'ancienne Union soviétique. Le charbon sert principalement à produire de l'électricité : 90% aux USA et 70% en Europe, le reste est utilisé pour la fabrication de l'acier, il n'y a quasiment plus de consommation domestique. Le charbon est pénalisé par les contraintes environnementales, mais d'énormes progrès ont été réalisés et continuent de l'être, ce qui explique que l'Allemagne, par exemple, envisage encore la construction de plusieurs centrales au charbon d'ici à 2012.

LE PETROLE:
C'est la source énergétique la plus commode car le pétrole est facile à transporter et à stocker; en outre c'est le pétrole qui possède, de très loin, le plus fort pouvoir énergétique à la tonne. Les réserves sont estimées à 40/45 ans de consommation actuelle et se situent principalement au Moyen-Orient. Toutefois les progrès espérés en matière de taux de  récupération dans les gisements, l'offshore profond, les huiles lourdes et les sables et schistes bitumineux devraient prolonger ces estimations, mais c'est du pétrole qui sera de plus en plus cher à produire.

LE GAZ:
C'est la troisième énergie fossile et celle qui a le moins d'impact sur l'environnement. Les réserves sont estimées dans une fourchette allant de 60 à 75 ans et se situent principalement au Moyen-Orient et dans les pays de l'ancienne Union soviétique. Le transport et le stockage exigent des investissements importants.
L'ensemble de ces énergies fossiles devrait couvrir encore 75% des besoins énergétiques de la planète en 2030.

LE NUCLEAIRE:
Très développé en France et dans quelques pays occidentaux, le nucléaire reste toutefois, au niveau mondial, une source énergétique peu répandue. Les coûts des investissements, les inquiétudes liées à la radio-activité, le traitement des déchets restent des freins à son développement, même si ces problèmes sont aujourd'hui bien maîtrisés, notamment avec les réacteurs de troisième génération et surtout avec le développement de la fusion nucléaire pour la deuxième moitié de ce siècle.

L'ELECTRICITE:
L'électricité est le vecteur le plus répandu et le plus commode d'énergie. La plupart des énergies primaires, l'énergie nucléaire et les énergies renouvelables conduisent à de l'électricité. Le principal frein à un plus grand développement, est que l'on ne sait pas stocker de l'électricité. Le jour où ce problème sera résolu., un grand pas en avant sera possible.

LES ENERGIES RENOUVELABLES:
Très courtisées actuellement, elles ne représentent qu'une très faible proportion de la production d'énergie mondiale. La plus prometteuse est incontestablement le photovoltaïque dont le marché dans le monde aujourd'hui, est de l'ordre de grandeur d'une centrale nucléaire. La production croît d'environ 30% par an mais malgré cela la part du photovoltaïque dans la production d'électricité ne sera que de 6 à 10% en 2030 et de 20 à 30% en 2040, grâce aux progrès faits sur le rendement des cellules. L'éolien ne fait pas l'unanimité, et même si des parcs importants ont été mis en service ou le seront prochainement, cela restera seulement une énergie d'appoint. La biomasse reste une source énergétique importante, mais elle entre en concurrence avec les besoins nutritifs pour lesquels la demande mondiale est croissante. Elle n'est pas toujours exempte de problèmes d'environnement, mais des développements restent probables. Les autres énergies renouvelables comme les courants marinsl'énergie des vagues, possèdent certainement du potentiel, mais en sont encore à des stades de recherche/développement. Enfin l 'hydrogène dont on parle beaucoup, n'est pas une énergie renouvelable, c'est un vecteur d'énergie. L'hydrogène doit être fabriqué à partir d'électricité ou par cracking des hydrocarbures, il possède donc indirectement les limitations liées à ces sources d'énergies. Son principal intérêt est qu'à l'utilisation, c'est une énergie propre et qu'il présente donc un intérêt pour des zones particulièrement sensibles.

 

CONCLUSIONS.
Les énergies traditionnelles ont donc encore un futur, au moins pour la première moitié de ce siècle, mais probablement au-delà. Les énergies nouvelles ont incontestablement un avenir, mais pour la plupart d'entre elles, leur développement reste lié à des sauts technologiques permettant d'améliorer leurs rendements et par voie de conséquence leur coût. La grosse erreur serait de partir dans une guerre des énergies, car même en cumulant toutes les énergies disponibles, il n'est pas certain que l'on puisse couvrir les besoins de la fin de ce siècle. La véritable réponse réside dans la bonne utilisation de chacune des sources énergétiques connues ou à trouver, et surtout dans des mesures très strictes d'économies d'énergies qui représentent probablement l'un des plus grands gisements d'énergie du moins dans le monde occidental.