CHALAMONT DE LA VISCLEDE DE Antoine Louis

Antoine-Louis DE CHALAMONT DE LA VISCLEDE 
Tarascon, 2 août 1692 - 22 août 1760

Homme de lettres, 
quatre fois lauréat de l’Académie française

Membre fondateur en 1726,
21ème académicien,
fauteuil 1, rang 1 (Généalogie du fauteuil n° 1)
joua un rôle de premier plan dans la fondation de l'académie
Secrétaire perpétuel de 1726 à 1760,
Directeur 1729 et 1744.


DE SINETY : "Éloge de M. de la Visclède", (Recueil de l'Académie de Marseille, année ATHEN. MASS: 618,​
ACHARD: "Hommes illustres  de la Provence", tome 11,243. 

Il fit une brillante éducation au collège de Tarascon des Pères de la Doctrine Chrétienne. Sa famille s’établit à Marseille lorsque des affaires domestiques l’y appelèrent vers 1720. Admis, en 1721, dans le cercle des jeunes écrivains qui préparaient la fondation de l’Académie de Marseille, LA VISCLEDE en devint bientôt le membre le plus actif et le plus influent. Cette année même, il avait concouru au prix de poésie proposé par l’Académie française sur la Décence et la dignité que Louis XIV mettait dans toutes ses actions et dont il remporta le prix.
Deux ans après, «le gentilhomme de Tarascon», comme on le désignait alors dans les recueils de l’Académie Française, obtint un second prix, celui d’éloquence ; il fut deux fois couronné en 1725. Ces prix le désignèrent à la confiance de ses confrères, au moment où ils allaient faire à Paris des tentatives pour obtenir l’établissement de leur Société et l’affiliation à l’Académie Française. Ils lui remirent la plume de leur Compagnie et le députèrent auprès du Maréchal de Villars et de l’Académie Française.LA VISCLEDE réussit en tout dans la capitale : les littérateurs, qui l’avaient admis dans leurs réunions, aimèrent dès lors à l’appeler « le Fontenelle de la Provence ».
De retour à Marseille, sa popularité s’accrut promptement et il se vit acclamé dans les réunions publiques. Devenu l’âme des délibérations dans la nouvelle Académie, ceux qui s’occupaient de belles-lettres en ville le prenaient pour arbitre. Les œuvres multipliées de LA VISCLEDE montrent au plus haut point qu’il a accompli ce qu’il recommandait fortement aux Académiciens en 1730 : « faisons cesser le reproche qu’on adresse à cette province : vous le savez, Messieurs, on nous accuse de commencer avec ferveur et de poursuivre lentement. »
LA VISCLEDE parut jusqu’au déclin de sa vie tel qu’il était dans les premières années de l’Académie, ne connaissant ni l’hésitation dans les affaires, ni le repos dans les fonctions de secrétaire perpétuel, ni le découragement dans les obstacles. Ses lectures oratoires ou poétiques dans les assemblées atteignirent un chiffre élevé et sa correspondance était quotidienne. Il prononça en public l’éloge de dix-neuf Académiciens et d’un associé. Personne n’a obtenu autant de palmes que lui dans les concours. L’Académie Française le couronna six fois: il remporta dix-sept concours dans des Académies de Province.
LA VISCLEDE était opposé sans relâche à l’union des sciences avec les lettres dans l’Académie de Marseille, ce dont il se justifiait en invoquant le but de l’Académie de Marseille dans la pensée du roi et de l’Académie Française, les idées qui avaient prévalu à la fondation, après de longs débats et d’inutiles essais précédents. Il resta toujours également inflexible contre l’admission à l’Académie de Marseille, des religieux, dont il refusa toujours le concours, à l’exception de MM. de Saint-Victor. Il ne fit que suivre en cela les règlements précis de l’Académie ; il pouvait ajouter que dans les projets de 1716 et 1717, la même défense avait été formulée et votée sous les yeux de RIGORD, le plus actif partisan des Jésuites à Marseille, sans qu’il ait rompu pour ce motif tout rapport avec ses savants confrères.
D’un caractère très liant, d’une obligeance rare, homme du monde aux plus aimables rapports, LA VISCLEDE, qui était un académicien-né, fut plus d’une fois le point de mire des satires des écrivains opposés aux Académies qui multiplièrent leurs critiques. Alors qu’il avait joui d’une fortune suffisante, à son arrivée à Marseille, il vit son bien patrimonial, sacrifié avec désintéressement aux muses, se réduire peu à peu à la modicité. Il fut couronné une dernière fois par l’Académie Française, quelque temps avant sa mort, pour une ode sur l’Immortalité de l’âme. DULARD lui succéda brièvement comme secrétaire perpétuel à l’Académie de Marseille, étant mort la même année. 
Malgré ce portrait académique rempli de louanges, il faut reconnaître que LA VISCLEDE, comme une bonne partie de sa compagnie, fut un opposant farouche à l'entrée des ecclésiastiques dans son académie. Sa querelle avec d'Héricourt, intendant des galères, nouvellement élu son directeur, est très significative à ce sujet. C'était un "anticlérical" avant la lettre et son opposition ne permit pas à l'académie de Marseille de développer fructueusement une activité scientifique en son sein avant la seconde moitié du XVIIIè siècle. [extrait de la Généalogie du fauteuil n° 1 par M. Bernard BARBIER]

extrait de "L'Académie de Marseille : ses origines, ses publications, ses archives" abbé Dassy

Ouvrages imprimés de M. de la VISCLEDE:

  • La décence et la dignité que le bon roi Louis XIV mettait dans  toutes ses actions. Couronné par l'Académie Française,  (Recueil de l'Académie Française, 1723). 
  • Discours "Que rien ne marque plus de justice et de sagesse dans  un homme que l'aveu qu'il fait de ses fautes". Couronné par  l'Académie Française, (Recueil, 1723). 
  • Le progrès de l'Astronomie sous le règne et la protection de Louis le Grand. Id. (Recueil, 1724-1725)
  • Discours : Qu'il n'y a point de véritable sagesse sans la religion. Id. (Recueil, 1724-1725). (I) Année littér. de Fréron, tom. VII, 195 — année 1758. (2) L'Académie garde avec respect le portrait gravé de M, de la Visclède, qui lui a été donné par M. Poize, Académicien, le 19 nov. 1818
  • Le Christianisme. Ode couronnée par l'Académie des Jeux Floraux, (1725). 
  • Les passions, Ode. Id. (1726). 
  • Discours prononcé à la réception des Députés de l'Académie de Marseille par l'Académie Française, (Recueil de l'Académie Française, 1727). 
  • Autre discours pour rendre compte de cette députation à l'Académie 'de Marseille, (Recueil de l'Académie des Belles-Lettres de Marseille, 1727). 
  • OEuvres de M. de Chalamont de la Viscléde. — Paris, Pierre Prault, 1727, 2 vol. petit in-8°, 
    On a dit, quelque part, que ces œuvres avaient eu deux éditions dont la première en 1726. Le titre seul a été imprimé deux fois ; le premier, celui de 1726, porte : il Paris, par la Compagnie des Libraires. 
  • Discours sur la modération dans la dispute. Couronné (double couronne) par l'Académie Française, (Recueil, 1733). 
  • Sur la mort du maréchal de Villars, protecteur de l'Académie, (Recueil de l'Académie des Belles-Lettres de Marseille, 1734). 
  • Discours sur l'Éloge du secret. Couronné par l'Académie des Jeux Floraux. (1735). 
  • Des contradictions de l'homme. Ode. Id. (1735). 
  • Le génie produit ; le goût perfectionne. Id. (1736). 
  • Le sacrifice d'A braham. Non-couronné, imprimé dans le recueil de l'Académie des Jeux Floraux, (1736). 
  • Discours sur ce qu'il est plus difficile de conserver une grande réputation que de l'acquérir. Couronné par l'Académie des Jeux Floraux, (1737). 
  • La mort. Ode. Id. (1737). 
  • Le jeu. Ode non-couronnée ; imprimée dans le recueil de l'Académie des Jeux Floraux, (1738). 
  • L'imagination. Couronné par l'Académie des Jeux Floraux, (1738). 
  • La guerre. Poème. Tribut à l'Académie Française, (Recueil, 1738-1741). 
  • Le préjugé. Ode non-couronnée et imprimée par l'Académie des Jeux Floraux, (1739). 
  • Discours sur ce que l'élévation dégrade souvent les hommes en les faisant connaître. Couronné par l'Académie des Jeux Floraux, (1740). 
  • L'existence de Dieu. Ode. Ici. (1741). 
  • Discours sur ce que la véritable liberté consiste dans l'assujettissement à la raison. Id. (1743). 
  • L'utilité des bienséances. Non-couronné ; mais imprimé dans le recueil de l'Académie des Jeux Floraux, (1741). 
  • Le feu. Ode non-couronnée; mais imprimée dans le recueil de l'Académie des Jeux Floraux, (1741). 
  • Discours prononcé le jour de la Saint-Louis, à l'ouverture de l'Assemblée publique, (Recueil de l'Académie des Belles-Lettres de Marseille, 1745). 
  • Discours sur les préjugés, Couronné par l'Académie de Ville-franche, (1743). 
  • Combien les lois de la conversation sont utiles et négligées. Non-couronné ; mais imprimé dans le recueil de l'Académie des Jeux Floraux, (1746). 
  • Le philosophe chrétien. Ode non-couronnée et imprimée dans le recueil de l'Académie des Jeux Floraux, (1746). 
  • L'envie. Ode couronnée par l'Académie des Jeux Floraux, (1746). 
  • Discours sur ce que les richesses sont un écueil plus dangereux pour la vertu que la pauvreté. Id., (1749). 
  • Discours sur ce que notre bonheur est dans nous-mêmes. Id., (1750). 
  • Discours prononcé le jour de la Saint-Louis, à l'ouverture de l'Assemblée publique, 1750, (Recueil de l'Académie des Belles-lettres de Marseille, 1750). 
  • Éloges historiques des Académiciens morts. (Recueils de l'Académie des belles-lettres de Marseille. Passim). 
  • L'immortalité de l'âme. Ode couronnée par l'Académie Française, (Recueil, 1758-1759). 


Ouvrages lus dans les Assemblées de l'Académie de Marseille et non-imprimés:

  • 1727 : Les eaux de Versailles, Ode — Réflexions sur le projet de la réunion des sciences avec les belles-lettres dans la même Académie; 
  • 1729: Ode en réponse à une autre Ode de M. Anfossy ; 
  • 1730 : Discours sur l'émulation- Ode à la louange du Maréchal de Villars — Ode sur la naissance du Dauphin - Ode à M. le comte de Maurepas ; 
  • 1731 : Sylla, comédie pastorale en 3 actes, pour être mise en musique ; 
  • 1733: Discours sur l'Ode; 1736: Traité surl'Ode ; 
  • 1740: Discours sur les avantages du secret; 
  • 1741: Discours sur l'utilité des prix Académiques ; 
  • 1745: Discours sur l'utilité et les vrais devoirs des Académies ; 
  • 1746 : La vertu triomphant de l'envie ; 
  • 1750 : Grandeurs de l'âme; 
  • 1758: Ode sur la vengeance. 


M. Villet, négociant, gendre de M. de la Visclède, élu membre de l'Académie le 19 juillet 1775, avait fait l'inventaire des A/ss, trouvés chez son beau-père : cet inventaire  inséré dans le portefeuille historique de l'Académie n° 1, renferme la liste d'un nombre considérable d'œuvres de M. de la Visclède non-imprimées. M. Villet avait l'intention de les offrir à l'Académie; mais il fut privé de ce dépôt précieux par une cause qu'il n'annonce pas. (Voir son discours de réception. — Registre des délibér. 26 juill. 1775.)